COV? Composés organiques volatiles!
Tous les êtres vivants en produisent. Chacun de ces COV, selon les espèces, et même selon les individus, ont une signification et un objectif précis. Voilà le sujet de cet ouvrage didactique nous permettant d'accéder à la compréhension du monde dans lequel nous vivons: "Les parfums de la nature" de Roland Salesse.
Pour ma part, présentant une hyposmie (odorat légèrement affaibli) suite à des sinusites chroniques, je m'attache depuis quelques années à développer ce sens de l'odorat.
C'est d'ailleurs cette raison qui m'a motivée pour cette lecture.
L'ouvrage se présente comme un carnet aux jolies couleurs à dominante mauve et violette.
Et de suite, la beauté et la qualité des photos nous subjuguent. Quant au contenu, dès le sommaire, on comprend le sérieux de l'étude, et on perçoit l'esprit scientifique, analytique et méthodique de l'auteur, ingénieur agronome de formation, et spécialiste en biologie moléculaire et cellulaire.
La lecture commence doucement et délicatement par une ouverture aux odeurs de la nature selon le calendrier annuel. Viennent ensuite plusieurs chapitres qui abordent les sens chimiques, puis le langage chimique, et les fonctions de la communication chimique chez les végétaux. Ces trois chapitres s'étendent sur 59 pages, soit plus d'un tiers de l'ouvrage complet. En ce qui me concerne, bien que très instructive, cette partie me parut laborieuse par l'accumulation de termes chimiques.
Les trois chapitres suivants, consacrés aux animaux, aux odeurs corporelles et à l'homme suscitèrent davantage mon intérêt.
Enfin, la conclusion "Les trois dimensions du monde olfactif" reflètent parfaitement l'importance et l'enjeu de ces odeurs dans le contexte du réchauffement climatique de notre planète, avec une vision objective et une lueur d'espoir de pouvoir impacter ce phénomène en recourant aux pouvoirs odorants du monde vivant.
Je ressors de cette lecture avec un sentiment de satisfaction, heureuse d'avoir découvert l'ampleur de ces COV et approfondi mes connaissances. Certaines anecdotes pourront certainement figurer au programme de mes prochaines conversations...
Voir passages dans ma rubrique "Le saviez-vous?"
JE RETIENS: Il faut absolument que j'entraine ce sens souvent oublié dans les différents milieux traversés, au contact des objets approchés et des personnes rencontrées. Tout un programme!
J'OUBLIE: J'ai failli décrocher à la moitié du livre. Ouvrage de vulgarisation scientifique certainement, mais heureusement que certaines notions de chimie apprises au collège étaient encore présentes dans ma mémoire
Le saviez-vous?
p. 72: "Le jasmonate de méthyle fait partie de la signature olfactive de la fleur du jasmin.
On le trouve aussi chez le magnolia... à la fois frais et capiteux... les chimistes l'ont imité en synthétisant l'hédione... une bizarrerie de la nature: certains humains possèdent un réceptacle olfactif pour l'hédione, mais pas tous. Seuls 25% des hommes l'expriment, contre 75% des femmes."
Le saviez-vous?
p. 74: "poivre de Sichuan. Ce poivrier est très prisé comme épice car, entre la sensation de chaleur qu'il procure... il possède une saveur citronnée... Il présente la particularité de contenir... molécules qui provoquent des microcontractions des lèvres et de la langue, ainsi qu'une légère insensibilisation. Ses propriétés olfacto-gustatives permettent de masquer les odeurs déplaisantes."
Le saviez-vous?
p. 101: "Un sommet de sophistication est atteint par quelques espèces de coléoptères bombardiers dont le bombardier commun... ("scarabée péteur") dont la glande pygidiale éjecte un jet toxique rapide (10m/s), très chaud (près de 100°) et de plus orientable..."
Le saviez-vous?
p. 105: "La cataire... également appelée "herbe aux chats"... En s'oignant de ses exsudats, le chat se protégerait de quelques parasites. Cela fonctionne aussi chez les humains: un bras frotté à la cataire attire moins les moustiques..."
Le saviez-vous?
p. 38: "les diatomées sont d'importantes contributrices à la vie sur Terre: constituants majeurs du phytoplancton, elles produisent la moitié de la biomasse primaire des océans..."
Le saviez-vous?
p. 38: "le mildiou de la pomme de terre... est responsable de la grande famine qui frappa l'Irlande de 1845 à 1852... la famine irlandaise entraina environ 1 million de morts et 2 millions d'émigrants... la population passa d'environ 8 millions vers 1840 à 4,4 millions en 1911."
Le saviez-vous?
p. 61: "pour la fourmi du désert nord-africaine... ce n'est pas un problème de se repérer...
Elle mémorise et localise aussi bien l'odeur du nid que celle des rares nourritures...
Elle intéresse beaucoup les scientifiques car, pour retourner à la fourmilière, elle compte ses pas. Malins, les chercheurs ont muni les fourmis d'échasses: elles dépassaient leur cible en faisant des pas trop grands."
Le saviez-vous?
p. 65: à propos de la rose: "Au XIXème siècle, les horticulteurs commencèrent à sélectionner par croisements pour obtenir trois catégories de fleurs différentes: ornementales..., les roses destinées à la parfumerie, tous les autres essais de sélection ayant échoué; et ces fleurs coupées qui ne sentent plus rien mais se conservent trois semaines... La rose de Damas... est la rose noble, la plus chère (l'essence dépasse 6000 € le kilogramme) qu'on ajoute aux parfums de luxe pour leur donner une note de tête montante et fleurie."